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Victoires du Jazz : diffusion du film demain 05 Novembre, sur France 5

Les dix-huit mois de crise sanitaire qui ont bouleversé nos existences ont paru une éternité. Les mois à venir seront encore probablement un temps d’adaptation à des contraintes nouvelles

Dans ce temps, les musiciens, leur entourage, le public montrent une incroyable persévérance à ne jamais perdre le contact avec la chose artistique et sa consubstantielle magie. D’autres mediums les ont reliés, complétant les canaux de diffusion de ce monde d’avant dont on ignore encore par quels traits il continuera d’écrire son histoire. Mais toujours, des femmes et des
hommes expriment leur art, l’offrent au monde tel qu’il va et le guérissent, aime-t-on au moins à le croire, de ses soubresauts et de sa fièvre.
Humblement, avec leurs moyens et une foi indéfectible, les Victoires du Jazz participent à cet effort collectif et spontané en proposant la photographie – en l’occurence un film réalisé par Magali Cesari et Damien Cabrespines – d’une création jamais prise en défaut, plus vivante que jamais et espérant demain avec confiance. Ainsi, ce palmarès 2021 pourra-t-il être tenu comme le signe de cette confiance entre les générations.

A l’image d’Archie Shepp,venu nous déchirer le coeur d’émotion avec son interprétation de « Ballade for a Child » et assurer avec la vénérable prestance qui est la sienne le rôle de président d’honneur de cette édition. Edition qui attribue les lauriers d’Artiste instrumental de l’année à Pierrick Pédron, saxophoniste stakhanoviste dont l’alto virtuose se balade depuis un quart de siècle entre les Etats-Unis et le Japon, essaimant les rencontres fertiles avec les meilleurs musiciens de son temps comme dans Fifty/Fifty, son dernier album dont est extrait « Bullet T ». Une fois encore, le vote de l’Académie a fait ressortir la vitalité de la scène française pour le Prix Frank Ténot et sa Révélation de l’année. La contrebassiste Sélène Saint-Aimé, lauréate idéale, a attiré les regards avec ses compositions sensibles et troublantes comme l’est « Partialis ». Il est notable et précieux que les deux autres nommés de cette catégorie se soient joints au film : la bandéoniste/ accordéoniste Louise Jallu avec « Soledad » et le claviériste Tony Paeleman pour « Analog Memory », montrant ainsi que les Victoires du Jazz, loin d’être une compétition, sont avant tout un espace de rencontres. Comme l’est par nature la catégorie de l’Album de musiques du monde qui consacre La grande folie, le premier album du collectif corrézien San Salvador, mêlant bourdon, harmonies, percussions et langue occitane. Avec « Quau te mena », le combo tradi-moderne s’empare avec la même réussite des traditionnels comme le jazz le fait des standards

 

Les standards que le Belmondo 5tet ont régulièrement transcendés depuis 1993, constituant avec le pianiste Eric Legnini, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Laurent Robin autour des frères Stéphane et Lionel Belmondo, l’une des plus belles formations du jazz d’aujourd’hui. C’est pourtant avec « Song for Dad » un thème original du trompettiste – extrait du bien-nommé album Brotherhood – que le combo majeur marque de tout son lyrisme cette édition dans la catégorie Groupe de l’année. Avec MP85, produit par Bojan Z et Album de l’année, Michel Portal a marqué les esprits prouvant que la jeunesse n’est pas une affaire d’âge mais de disposition d’esprit comme en atteste « Mino- Miro », synthèse de son art fort d’une incomparable expérience acquise depuis son entrée dans la carrière au mitan des années 60. Gageons que forte de ses nombreuses apparitions, aux côtés des autres comme sous son nom, la chanteuse Isabel Sörling imprime avec cette Victoire dans la catégorie Artiste vocal(e) un tel parcours. L’originalité de la voie empruntée et déjà affirmée est bien tangible dans son frissonnant « Cultures ». Enfin, dans cette manifestation de la confiance entre les générations qui préside à cette édition, les Victoires du Jazz ont tenu à distinguer d’une Victoire d’honneur l’un des plus grands maîtres de la scène hexagonale en la personne du pianiste Alain Jean-Marie, tenant ainsi à rappeler l’apport essentiel des cultures d’outre-mer et particulièrement celle des Antilles, dans la richesse du patrimoine musical français. L’auteur de la saga des Biguine Reflections s’est aussi montré un accompagnateur hors-pair et un styliste au talent aussi grand que sa modestie et sa connaissance du répertoire que le monde entier nous envie. Qu’Archie Shepp lui remette cette Victoire d’honneur en marge de son interprétation de « Think on Me » ne dit pas autre chose

Les Victoires du Jazz 2021

Diffusion vendredi 5 novembre, 23h05 sur France 5

Un film réalisé par Damien Cabrespines et Magali Cesari – Captation musicale Ben Cap – Production executive Troisième Oeil

 

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