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Gérard Bardy en interview AU PASSAGE DES ARTISTES

Écrit par sur 21 décembre 2020

Gerard Bardy est écrivain et journaliste. Après avoir débuté comme journaliste stagiaire à l’hebdomadaire Seine-et-Marne-Matin (Groupe Hersant) à Melun, il entre comme reporter au quotidien Paris-Jour (1966 à 1972).

Gerard Bardy bonjour, bienvenue Au Passage Des Artistes.
– Comment as-tu débuté dans cette profession de journaliste ?

– Comme beaucoup de journalistes de ma génération, c’est surtout dû au hasard. Je préparais mon second bac et j’avais besoin d’argent de poche. Un copain m’a proposé de ramasser des informations dans les mairies de la région de Melun pour le journal départemental. J’ai accepté. Je me suis pris au jeu et j’ai proposé des petits reportages qui ont tous été acceptés et publiés. Les choses sont ensuite allées très vite.

– Donc, ce n’étais pas une vocation au départ ?

– Non, pas du tout. Je rêvais d’être cuisinier sur les paquebots transatlantiques ! Seule chose en commun: le goût des voyages et des rencontres. C’est pour moi essentiel, aussi nécessaire que l’air pour respirer.

– Comment s’est fait ton choix à chaque changement de média tout au long de ta carrière ?

– Là encore, un peu au hasard. Le quotidien départemental de mes débuts a mis la clef sous la porte. Je suis rentré peu après au quotidien nation « Paris-Jour » qui est mort six ans après. Après un petit^passage par la télévision publique, je suis entré à l’AFP comme reporter. J’y suis resté quinze années. Que du bonheur. Puis le groupe de presse catholique Bayard-Presse m’a embauché pour moderniser le Pèlerin-Magazine, qui sentait un peu la poussière. L’aventure a duré onze ans. Puis, après l’âme, je me suis intéressé au corps, en entrant à la direction générale de deux grands journaux médicaux. Ce parcours très varié m’a passionné et, surtout, il m’a beaucoup appris.

– Plutôt presse ou audiovisuel, finalement ?

– Je suis un homme de l’écrit. J’ai détesté la télévision car la forme y est plus importante que le fond. Traiter un sujet sérieux en une minute 45 secondes, ce n’est pas du journalisme. Moi j’aime expliquer, informer, aider à comprendre. Et je suis le contraire d’une star, donc l’anonymat du journaliste de presse écrite m’allait très bien.

– En regardant ton parcours, j’ai vu que tu avais été correspondant de guerre ! C’est une autre facette du métier, non ?

– Oui, j’ai été correspondant militaire de l’AFP, chargé de la Défense et de l’armement. Ce furent des années passionnantes, au plus proches des points chauds. Cela m’a permis de voyager là où des conflits étaient en cours, au Tchad par exemple. La France y assistait le Tchad attaqué par la Libye. Et aussi d’aller dans le golfe arabo-persique pendant la guerre Iran-Irak. C’était très chaud !

– Quel est ton regard sur le journalisme d’aujourd’hui ?

– Assez sévère ! La presse d’aujourd’hui manque singulièrement d’éthique. Elle mélange les faits et les commentaires. Et surtout elle aboie aux talons des mêmes gens alors qu’elle protège d’autres leaders sans aucun discernement. Trump n’est peut-être pas un modèle de sagesse mais c’est un président courageux aux résultats indiscutables, et pourtant la presse française s’est acharnée contre lui  de façon ridicule. Alors qu’elle avait encensé Obama dont le bilan est calamiteux. Ce journalisme de parti-pris explique le mépris du public pour cette profession.

– Ta seconde carrière, celle d’écrivain, montre tes goûts variés et ta grande curiosité. De la biographie d’Aznavour en 1977 à tes livres récents sur de Gaulle, c’est douze livres au total.

– J’aime l’écriture. J’aime les mots qui emportent le lecteur dans une histoire. J’aime la musique d’un texte comme d’autres aiment les accords d’une mélodie. Enfant, je dévorais les livres. Maintenant, je les rédige avec le même bonheur.

– Pourquoi avoir consacré six livres au général de Gaulle ?

– Tout simplement parce que les Français ont eu a chance d’avoir l’un des géants politiques du siècle et qu’ils ont tendance à l’oublier. En juin 1940 et en mai 1958, de Gaulle a sauvé deux fois la France. Il a mis en place cette Constitution qui, aujourd’hui encore, nous protège du chaos. Il ne faut pas oublier cet homme hors du commun, patriote, droit et honnête qui a donné à la politique ses lettres de noblesse.

– Ton dernier livre « Dernières heures à Colombey – La mort du Général »  (éditions Télémaque, octobre 2020) retrace la fin de vie de Charles de Gaulle.

– C’est un récit très précis sur la fin de vie de de Gaulle. J’invite le lecteur à entrer dans l’intimité du couple qu’il formait avec « tante Yvonne » et je les fais vivre chez eux, après le référendum perdu de1969. De Gaulle est triste et consacre ses jours à la rédaction de ses « Mémoires d’Espoir ». C’est une course contre la montre qui devient une course contre la mort. Il y consacre toutes ses dernières forces. Je livre aussi l’échange qu’il a eu avec Malraux: un dialogue très grave entre deux hommes de légende arrivés au soir de leur vie. C’est bouleversant

– Qu’aurait pensé de Gaulle de la France d’aujourd’hui et du président Macron ?

– Je le raconte dans ce livre: de Gaulle avait prévu le déclin de la France engluée dans la mondialisation et la technostructure de Bruxelles. Il pensait qu’après lui, les Français retomberaient dans les divisions et renonceraient à la grandeur de la France. L’effondrement de l’enseignement, le laisser-aller migratoire et sécuritaire, etc… Il avait tout vu ! Quant à De Gaulle , je pense qu’il n’envisageait pas un instant d’avoir comme successeurs un Hollande ou un Marcon. L’abandon de la souveraineté, de la monnaie, des frontières… tout cela était inenvisageable pour lui.

– As-tu des projets pour 2021 ?

– Oui, je souhaite revenir sur mon demi-siècle de journalisme en publiant mes souvenirs et réflexions, à la fois sur l’évolution de mon métier et sur les dérives de notre civilisation. Nous pensons notre civilisation immortelle alors qu’elle est peut-être déjà morte ! Un monde nouveau pousse la France vers le néant. Je veux faire part des témoignages des grands hommes que j’ai eu la chance de rencontrer.

– Y a t’il une question que j’ai omis de te poser ?

– Non, chère Djazia, pas vraiment. L’interview me semble complète. Je souhaite simplement supplier ceux qui vont me lire de bien mettre en valeur la lecture et la culture. C’est essentiel. J’ai fait plusieurs fois le tour du monde et les peuples sans culture sont condamnés au déclin. Il faut conduire les plus jeunes à lâcher leur écran pour prendre un livre. Il faut que l’écrit ait le dernier mot !

Cher Gerard Bardy, merci infiniment pour ce moment  d’éveil AU PASSAGE DES ARTISTES 


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