Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

À Cœur Ouvert avec Amaury de Crayencour

Amaury de Crayencour a commencé sa carrière en 2002 au théâtre avec la troupe du Dahut dans “Le Visiteur” d’Éric-Emmanuel Schmitt. En 2010, il a joué en solo dans “L’Opéra d’un sous” au théâtre de Sartrouville. Il a également travaillé dans des séries télévisées telles que “Nos chers voisins,” “RIS police scientifique,” “Les Dames,” “Parents mode d’emploi,” et “Le Bureau des légendes.” En 2018, il a interprété le rôle de Valentin dans le film “Blockbuster” de July Hygreck. Sa carrière est marquée par une diversité de rôles au théâtre et à la télévision, ainsi qu’au cinéma. Je vous propose d’arpenter le chemin artistique à travers le parcours d’Amaury de Crayencour

– L’INTERVIEW –
Art Scène Radio : Pourrions nous évoquer ensemble le début de votre carrière ? Comment les choses ont débuté pour vous

Amaury de Crayencour : Pour moi tout a commencé à Rouen, au lycée St Jean-Baptiste de la Salle avec la troupe du Dahut, dirigée avec passion par Stéphane Simons. La troupe montait Le Visiteur d’Eric-Emmanuel Schmitt, ils cherchaient le rôle de Dieu qui débarque chez Freud en smoking! Je n’avais jamais fait de théâtre de ma vie, j’avais 17 ans et j’ai été immédiatement piqué. J’ai su tout de suite que le théâtre ferait partie de ma vie. Ma carrière à débuté plus tard après Le Studio Théâtre d’Asnières, un centre de formation d’apprentis comédien.

Art Scène Radio : Beaucoup d’artistes ont vécu cette rencontre qui a changé leur destin. Cela fut-il votre cas?

Amaury de Crayencour : Ce métier est fait de rencontres et j’ai effectivement eu la chance de croiser la route de gens qui ont par la suite compter énormément pour moi
Alexis Michalik par exemple, que j’ai connu quand j’étais à l’école de théâtre. On avait des amis en commun alors il venait voir les spectacles de fin d’année que l’on faisait à Asnières. C’est comme ça qu’a la sortie de l’école il m’a pris dans son Porteur d’Histoire…Tristan Petitgirard et Benoit Solès, un binôme d’auteur/metteur en scène avec qui j’ai eu le privilège de faire 2 spectacles qui ont marqué et continuent de marquer mon parcours et ma vie

Crédit photo :Zaher Rehaz
Art Scène Radio : Quels sont les rôles au théâtre qui ont particulièrement marqué votre carrière?

Amaury de Crayencour : Mon personnage de Martin Martin, un homme bourru, fatigué, au bout du rouleau et triste que j’incarnais dans le Porteur d’Histoire m’a apporté toute la suite de mes expériences. C’est en me voyant dans ce spectacle qu’Eric Rochant à pensé à moi pour jouer Simon dans Le Bureau des Légendes, pareil pour Tristan Petitgirard qui après avoir vu ce spectacle s’est dit qu’il voudrait travailler avec moi et 7 ans plus tard il m’envoyait le texte de La Machine de Turing de Benoit Solès. J’ai même rencontré ma femme Baya Rehaz grâce au Porteur d’Histoire!
Ce personnage de Martin-Martin me suit jusqu’à aujourd’hui avec Jack London dans la nouvelle pièce de Benoit Solès La Maison du Loup. Quand Alexis Michalik est venu voir La Maison du Loup il a dit qu’il avait l’impression de voir Martin Martin 10 ans plus tard…ça m’a beaucoup ému. Le personnage de Jack London est aussi un personnage très marquant, c’est le plus beau rôle que j’ai eu à jouer jusqu’à présent. J’ai la chance de jouer chaque soir aux côtés d’Anne Plantey et Benoit Solès pour donner vie à l’auteur de Croc-Blanc et de l’Appel de la Foret. C’est une personnalité complexe, dense, puissante, il me permet de parcourir énormément de sentiments et d’émotions tout au long du spectacle.  Je sors de chaque représentation épuisé mais tellement heureux

Je place le bonheur de ma famille avant toute autre chose. Ma femme et mes enfants sont toute ma vie

Art Scène Radio : Comment votre formation au Centre de Formation d’Apprentis des comédiens à Asnières-sur-Seine a-t-elle influencé votre carrière?

Amaury de Crayencour : C’est une formation très complète, on y apprend le théâtre, le chant, la danse, la marionnette, le jeu devant une caméra, on apprend à découvrir l’acteur qu’on est, le genre de projet que l’on veut faire, et ce qu’on ne veut pas faire. L’école c’est là qu’on rencontre ses premières “familles” dans le métier et je travaille encore aujourd’hui avec des anciens camarades de classe

Art Scène Radio : Et si nous parlions de votre rôle dans “Le Bureau des légendes”?

Amaury de Crayencour : Cette expérience a été très importante pour moi, la précision et la rigueur d’Eric Rochant m’ont énormément apporté. Il sait ce qu’il veut et il replace toujours la scène que l’on tourne dans son contexte, on sait qu’on  est en train de tourner une scène qui sera une pièce à ajouter au grand puzzle qu’il a en tête et qui deviendra une grande série. Dès la première saison on sentait bien que cette série allait être une série importante. Rochant ne laisse rien au hasard

Art Scène Radio : Quels sont les genres de films ou de séries dans lesquels vous êtes le plus à l’aise en tant qu’acteur ?

Amaury de Crayencour : Celles ou on a du plaisir à travailler ensemble! Je ne veux pas me cantonner à un style, à un genre ou à un type de rôle, j’aime l’éclectisme de ce métier et je déteste le snobisme. Je prends autant de plaisir à tourner un sketch de Nos Chers Voisins qu’une scène du Bureau des Légendes. Ce sont avant tout des aventures humaines alors j’essaie de faire passer des émotions sans me prendre au sérieux

Art Scène Radio : Justement, quel point en commun et point de divergence avez vous avec le personnage que vous incarnez dans «Nos Chers Voisins»?

Amaury de Crayencour : Le Docteur Dereck est un charlatan! J’ai adoré jouer ce personnage. Il entourloupe, il séduit, il manigance mais il n’est pas méchant. Il a de l’humour et fini par s’attacher aux habitants de l’immeuble. Alors voilà, j’espère avoir son humour et son humanité. Aujourd’hui on s’entend tous toujours très bien avec les acteurs de la série, on se voit de temps en temps et depuis maintenant 4 ans j’ai le bonheur de retrouver Gil Alma tous les ans pour tourner dans César Wagner à ses côtés

Art Scène Radio : Comment gérez vous l’équilibre entre votre vie professionnelle et vie privée ?

Amaury de Crayencour : Je place le bonheur de ma famille avant toute autre chose. Ma femme et mes enfants sont toute ma vie. Alors je fais en sorte que mon travail empiète le moins possible sur le temps que je passe avec eux. Mais j’adore mélanger les deux alors j’emmène très souvent mes enfants en tournage ou en tournée ou même pour un enregistrement en studio. Ils commencent à bien connaître le métier ! D’ailleurs depuis quelques temps je m’amuse à faire des vidéos que je poste sur Instagram avec leur participation et ça les fait rire. Ce sont des supers acteurs ils m’impressionnent!

Art Scène Radio : Plutôt Cinéma ou théâtre, si vous deviez faire un choix un jour ?

Amaury de Crayencour : Je serais bien malheureux d’être obligé de choisir, j’adore passer d’un plateau de tournage à un plateau de théâtre mais si je n’avais pas le choix, je dirais Théâtre bien sur. C’est de là que je viens et c’est là que je ressens les émotions les plus fortes. Sur scène je me sens vraiment chez moi

Être comédien est un défi à part entière, il n’y a pas de parcours idéal, de chemin tout tracé, de formule magique pour réussir

Art Scène Radio : Vous êtes actuellement sur scène dans la nouvelle pièce de Benoît Solès :  « La Maison du loup ». A quoi peut s’attendre le public?

Amaury de Crayencour : À une pièce forte qui aborde des sujets de société comme l’adiction ou les violences policières mais aussi l’amour, l’inspiration, la puissance de l’esprit et l’aventure. Benoit Solès a écrit une vraie pièce d’acteurs et d’actrices, il y a matière à jouer et donc les spectateurs sont embarqués avec nous, dans les émotions des personnages, dans ce qu’ils traversent. Le temps de la pièce est le vrai temps d’une soirée, passée en compagnie de Jack London, Charmian London et Ed Morel. L’action se situe en 1913 près de San Francisco en plein été et que ce soit par les lumières magnifiques de Denis Schlepp, les décors extraordinaires de Juliette Azzopardi, les costumes sublimes de Virginie Houdiniere, les illustrations de Riff Reb’s, les vidéos de Mathias Welfau ou la musique du génial Romain Trouillet… on y est. Ce spectacle est une invitation au voyage, une rencontre avec un trio de personnage haut en couleur, un tourbillon d’émotions

Je suis fier d’avoir une aïeule si illustre et j’aime énormément son écriture, je rêverais d’adapter un jour un de ces textes au théâtre

Art Scène Radio : En tant qu’arrière-petit-neveu de Marguerite Yourcenar, cela a-t-il influencé votre  travail artistique ? Est-ce un avantage ou un inconvénient ?

Amaury de Crayencour : Je suis fier d’avoir une aïeule si illustre et j’aime énormément son écriture, je rêverais d’adapter un jour un de ces textes au théâtre. Au lycée les lettres étaient ma matière préférée et j’ai eu le bonheur d’étudier. Les Mémoires d’Hadrien en cours, je me souviens d’un sentiment de fierté de faire partie de sa famille et c’est la même année que j’ai découvert le théâtre alors oui, le fait que je sois son arrière petit neveu a jouer dans mon amour pour les mots, la littérature et l’art en général

Crédit photo Fabienn Rappeneau
Art Scène Radio : Quels sont les défis auxquels vous avez du faire face au cours de votre carrière?

Amaury de Crayencour : Être comédien est un défi à part entière, il n’y a pas de parcours idéal, de chemin tout tracé, de formule magique pour réussir. On rencontre des défis chaque jour. Le 1er est tout simplement de réussir à exercer son métier. Ce n’est pas facile de trouver du travail et ce travail est par définition éphémère puisqu’il dure le temps d’un tournage ou d’une piece et après il faut chercher et trouver une nouvelle aventure, un nouveau challenge. On est jamais vraiment tranquille, il faut sans cesse se remettre en question, se renouveler et c’est ce qui est excitant, ce qui permet de se dépasser

Art Scène Radio : Un(e) comedien(ne) avec  qui vous rêvez de jouer ?

Amaury de Crayencour : Notre histoire avec Baya a commencé sur un tournage… alors la retrouver sur un plateau me plairait énormément. Voilà, c’est avec Baya Rehaz que je rêverais de jouer!

Art Scène Radio : Avez vous des projets ou des réalisations récentes que nous devrions attendre de votre part ?

Amaury de Crayencour : J’ai eu la chance de tourner dans la saison 7 de Sam qui sera prochainement diffusée sur TF1. J’ai retrouvé pour cette occasion un réalisateur que j’adore, Hippolyte Dard avec qui j’avais déjà travaillé et une bande d’acteurs géniaux, Hélène de Fougerolle, Fred Testot, Thierry Neuvic, Chantal Ladessous ou encore Charlotte Gaccio. On devrait tourner la saison 8 l’année prochaine
Et cet été j’ai tourné dans une comédie qui va être très très drôle, pour le cinéma cette fois, avec Franck Belocq à la réalisation et c’était une très belle rencontre, un excellent réalisateur et un mec en or! Le casting est fou avec Camille Lellouche, Gérard Darmon, Michelle Laroque, Lionel Erdogan et Clémence Bretecher, j’y joue un type insupportable, fils à maman, arriviste, bête et méchant, c’était une très grande joie!

Art Scène Radio : Une question que j’aurais du vous poser ? Laquelle ?

Amaury de Crayencour : Que faites vous ce soir ? Excellente question!!! Je joue La Maison du Loup au Théâtre Rive Gauche à 21h et je vous attends!

Art Scène Radio : Merci infiniment pour cet échange passionnant à travers votre histoire. Rendez-vous donc sur les planches pour LA MAISON DU LOUP

LA MAISON DU LOUP

À la rencontre de Jack London…
Été 1913. Depuis sa libération, Ed Morrell se bat pour que son ami, Jacob Heimer, échappe à la peine de mort. Frappée par ce combat, Charmian, épouse du célèbre écrivain Jack London, invite Ed dans leur vaste propriété “La Maison du Loup”. Son objectif est de provoquer chez Jack, en perte d’inspiration, une sorte d’étincelle. Ed parviendra-t-il à sauver Jacob ? Jack London écrira-t-il un nouveau roman ?
Jack London a eu mille vies : marin, chercheur d’or, journaliste, romancier. Autant d’expériences qui ont irrigué son oeuvre dans laquelle l’autobiographie et le combat pour la vie occupent une place primordiale. Autodidacte, il devint, par un travail forcené, l’écrivain le plus illustre des États-Unis, publiant de son vivant une quarantaine d’ouvrages, traduits dans le monde entier, parmi lesquels L’appel du monde sauvage, Croc-Blanc et Martin Eden

Actuellement au Théâtre Rive Gauche Paris

Auteur : Benoit Solès
Artistes : Amaury de Crayencour, Benoit Solès, Anne Plantey
Metteur en scène : Tristan Petitgirard

Crédit photo : Stephane Audran

 

Photo d’illustration est signée : Arthur Bonin

Art Scène Radio © 2024. All Rights Reserved.